Dans le cadre de la série de témoignages réalisée à l’approche du 100e anniversaire de l’Institut en 2027, Alessandro Monsutti, professeur d’anthropologie et sociologie, s’entretient avec Isabelle Schulte-Tenckhoff, alumna, professeure et ancienne directrice du Département d’anthropologie et de sociologie.
Au cours de cet entretien, Isabelle Schulte-Tenckhoff revient sur son arrivée à l’Institut (IUED) après des études en sciences politiques à l’Université de Lausanne. Elle évoque l’influence de plusieurs figures marquantes, notamment Gérald Berthoud et Fabrizio Sabelli, ainsi que l’atmosphère intellectuelle unique de l’Institut, où les échanges informels entre étudiant·es, assistant·es et professeur·es jouaient un rôle essentiel dans la formation des idées et des vocations.
Spécialiste reconnue des questions autochtones, elle retrace également son parcours de recherche au Canada et aux Nations Unies. Ses travaux sur les peuples autochtones, les traités, la souveraineté, le patrimoine et le colonialisme l’ont amenée à développer une réflexion originale à la croisée de l’anthropologie, du droit international et des études politiques.
L’entretien revient aussi sur la fusion entre l’IUED et l’HEI et sur la création du Département d’anthropologie et de sociologie. Isabelle Schulte-Tenckhoff souligne l’importance d’intégrer le regard anthropologique aux études internationales afin d’interroger les rapports de pouvoir, les catégories d’analyse et les grands récits qui structurent la gouvernance mondiale.
À travers ce témoignage, elle rappelle combien l’anthropologie contribue à décentrer le regard, à questionner les évidences et à mieux comprendre les réalités humaines qui se trouvent derrière les institutions, les normes et les politiques internationales.