En prévision du 100e anniversaire de l’Institut, qui sera célébré en 2027, l’Institut a réalisé une série de vidéos avec ses prestigieux et prestigieuses alumni·ae, professeur·es et ami·es.
Dans cette vidéo, Alessandro Monsutti, professeur d’anthropologie et de sociologie de l’Institut, rencontre Riccardo Bocco, professeur d’anthropologie et de sociologie politique à l’Institut et figure marquante des études sur le Moyen-Orient, les migrations, les réfugiés et les politiques du développement.
Né en Italie et formé entre Turin, Genève, Lyon et Paris, Riccardo Bocco revient sur son arrivée à l’Institut universitaire d’études du développement (IUED) au début des années 1980. Il évoque la découverte d’un environnement académique profondément international, marqué par la diversité des origines de ses étudiant·es et enseignant·es, ainsi que l’influence déterminante de personnalités telles que Jacques Forster et Jean-Luc Maurer, qui ont accompagné son parcours intellectuel et professionnel.
Au fil de l’entretien, il retrace une carrière riche de recherches de terrain menées au Moyen-Orient, notamment en Jordanie, en Palestine, au Liban et en Syrie. Il raconte comment ses travaux sur les tribus jordaniennes, les réfugiés palestiniens et les transformations politiques régionales l’ont conduit à collaborer avec de nombreuses institutions internationales, agences de coopération et centres de recherche. Il revient également sur la création de vastes programmes de recherche consacrés aux réfugiés palestiniens, qui ont mobilisé des équipes pluridisciplinaires et bénéficié de soutiens importants de la coopération suisse, de l’Union européenne et d’autres partenaires internationaux.
Riccardo Bocco évoque aussi les liens constants entre recherche, enseignement et engagement de terrain qui ont caractérisé sa carrière. De ses années passées à Amman à ses collaborations avec le Bureau central palestinien des statistiques et l’UNRWA, il souligne l’importance de produire des connaissances rigoureuses tout en restant attentif aux réalités sociales et politiques des populations concernées.
L’entretien revient également sur la fusion entre l’IUED et le HEI, qui a donné naissance à l’actuel Institut. Riccardo Bocco rend hommage au rôle joué par Philippe Burrin dans cette transformation et décrit la manière dont cette nouvelle institution a favorisé les échanges entre disciplines, renforcé la recherche et permis l’émergence de nouveaux champs d’études. Il évoque notamment la création du département d’anthropologie et de sociologie et les opportunités intellectuelles offertes par cette nouvelle configuration. A partir de 2013, il a aussi lancé un nouveau projet portant sur ‘Violence, mémoire et cinéma’ dans une perspectives comparatiste entre Proche-Orient et Amérique Latine, focalisant sur le rôle des réalisateurs nationaux dans la (re)construction de la mémoire collective dans des contextes de post-dictature (Argentine et Chili), de post-guerre civile (Liban) et de conflits armés de longue durée (Israël/Palestine).
Enfin, il partage une réflexion plus personnelle sur son parcours et sur l’évolution de l’Institut. Il souligne la liberté académique, l’ouverture internationale et la générosité institutionnelle dont il a bénéficié tout au long de sa carrière. Plus largement, il rappelle que la force de l’Institut réside dans sa capacité à favoriser le dialogue entre disciplines, cultures et expériences, tout en formant de nouvelles générations de chercheuses et chercheurs capables d’aborder les défis complexes du monde contemporain.
Voir également l’entretien filmé de Riccardo Bocco sur « Comprendre la question palestinienne, d’hier à aujourd’hui ».