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Mandat prospective

Le futur des droits politiques à Genève et en Suisse

Ce projet de recherche, mené pour la Chancellerie du Canton de Genève, analyse les transformations actuelles de la participation démocratique et des droits politiques en Europe et aux États-Unis, afin d’identifier des pistes concrètes pour renforcer l’engagement citoyen à Genève et en Suisse face aux mutations technologiques, sociales et informationnelles.

Financement : Chancellerie du Canton de Genève
Calendrier du projet : 2025-2026

 

Anticiper les transformations de la participation démocratique

Dans le cadre d’un mandat confié par la Chancellerie du Canton de Genève, le Geneva Graduate Institute, à travers le Centre Albert Hirschman sur la démocratie et le Tech Hub, a mené un projet de recherche consacré aux futurs des droits politiques à Genève et en Suisse.

Ce projet propose une analyse prospective des transformations en cours des systèmes démocratiques, avec pour objectif d’identifier des mesures concrètes permettant de renforcer la participation citoyenne et l’exercice des droits politiques dans les années à venir. 

Le mandat

Le mandat visait à analyser les facteurs d’influence susceptibles d’affecter la participation électorale et l’engagement citoyen, dans un contexte marqué par des mutations technologiques, sociales et politiques profondes.

Il s’agissait notamment de :

  • comprendre les dynamiques de baisse de participation électorale, en particulier chez les jeunes ;
  • analyser l’impact de l’intelligence artificielle, des réseaux sociaux et de la désinformation ;
  • identifier des signaux faibles, en particulier à l’international ;
  • formuler des recommandations actionnables à court et moyen termes pour renforcer la démocratie.

L’analyse s’articule autour de trois grands axes :

  1. Participation conventionnelle
  2. IA, numérique et médias
  3. Innovations et nouveaux modes d’engagement

 

Principaux enseignements
 

Une démocratie en transformation

Le rapport met en évidence que la démocratie traverse moins une phase de déclin qu’une recomposition profonde.

Si la participation électorale recule et que la confiance dans les institutions s’érode, de nouvelles formes d’engagement émergent, en particulier chez les jeunes, en dehors des canaux institutionnels traditionnels.

 

Un décrochage générationnel marqué

L’un des constats majeurs concerne la baisse durable de la participation électorale chez les jeunes, liée notamment à un sentiment de déconnexion vis-à-vis des institutions.

Parallèlement, ces mêmes générations sont fortement engagées à travers des formes alternatives (mobilisations numériques, actions collectives hybrides), révélant un décalage entre institutions et pratiques contemporaines de participation.

 

Le rôle central de l’information

La qualité de l’environnement informationnel apparaît comme un facteur déterminant pour la santé démocratique.

La montée de la désinformation, la polarisation alimentée par les réseaux sociaux et l’émergence de contenus générés par l’IA fragilisent la confiance dans les processus électoraux et compliquent la formation d’un débat public partagé.

 

Technologies : entre risques systémiques et recomposition démocratique

Les technologies numériques, IA en tête, transforment en profondeur les conditions d’exercice des droits politiques.

Le rapport met en évidence un déplacement des vulnérabilités démocratiques : au-delà de la sécurité des données, l’enjeu central devient désormais celui de la fiabilité, de l’authenticité et de la provenance de l’information. Dans un environnement marqué par la prolifération des contenus générés par l’IA (deepfakes, désinformation automatisée), la capacité à distinguer le vrai du faux  devient un enjeu politique majeur. De même, la capacité pour un État à garantir la fiabilité de l'information pourrait devenir une compétence centrale.  

 

L’essor de nouvelles formes d’engagement

Le rapport souligne le développement de formes d’engagement plus informelles, décentralisées et hybrides, ainsi que la multiplication d’initiatives de démocratie participative et délibérative. L'exemple le plus frappant d'une telle forme d'engagement est le mouvement dit Gen Z, tel qu'il s'est consolidé au Népal en 2025, avant d'essaimer dans plusieurs pays et plusieurs continents. 

Ces évolutions traduisent une transformation des modes d’implication citoyenne vers des formats plus horizontaux et flexibles, et qui tirent parti des nouvelles technologies. 

Un autre enseignement majeur tiré de l'étude de ces nouvelles formes d'engagement réside dans le rapport que cette jeunesse entretient avec le symbolique. Dans un monde aux contours toujours plus flous et fragiles, il semble que la jeunesse se cherche des points de repère et des récits auxquels s'identifier et à partir desquels donner sens à sa situation et à ses aspirations. Le fonctionnement traditionnel des institutions démocratiques n'est pas en mesure de répondre à ce besoin. 

 

Une approche tournée vers les futurs

Ce projet souligne l’importance d’adopter une approche prospective de la démocratie, capable d’anticiper les évolutions à venir et d’intégrer les risques émergents.

Il invite à considérer les transformations actuelles non seulement comme des défis, mais aussi comme des opportunités de renouvellement démocratique, afin de maintenir des institutions légitimes, inclusives et adaptées aux réalités contemporaines.